Le cours du pétrole repart à la baisse

Il est de bon ton, depuis quelques mois, d’annoncer que le prix du baril de pétrole montera bientôt à 100, 200, voire 400 dollars. L’analyste pétrolier Art Berman estime pour sa part que le cycle haussier actuel touche à sa fin. Non seulement la crise iranienne est en voie d’être résolue, mais de plus la production mondiale a tellement augmenté en 2018 que les stocks ont recommencé à augmenter. Dans les prochains mois, le cours du pétrole ne va pas s’effondrer, mais il aura tendance à diminuer.

La hausse récente est d’abord et avant tout une réaction aux menaces de Trump, le 7 août, d’imposer de nouvelles sanctions contre l’Iran. Les marchés ont craint une chute brutale des approvisionnements et le cours du Brent est passé de 70,76 dollars le 15 août à 86,29 dollars le 1er octobre. Les perspectives de sanctions semblant s’éloigner, le cours était retombé à 76,17 dollars le 24 octobre.

Berman écrivait le 28 octobre qu’il semblait improbable que cette correction soit déjà terminée. Les faits lui donnent déjà raison : en date du 11 novembre, le cours du Brent est de 69,64 dollars, plus bas qu’au début de cette crise iranienne avortée. Le cours du WTI, aux États-Unis, est encore plus bas : 59,84 dollars à peine.

La crise iranienne n’est évidemment pas le seul motif d’inquiétude pour le marché. Au-delà de cette crise fabriquée de toutes pièces, notons les problèmes politiques autrement plus profonds qui affectent la production du Venezuela, de la Libye et du Nigeria, ou les contraintes de transport que connaît le bassin Permien, au Texas.

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Mais l’année 2018 a été globalement bonne pour la production pétrolière en dépit de ces problèmes locaux. Depuis le début de l’année, la production mondiale est passée 98,5 à 101,3 millions de barils par jour, soit une hausse de 2,91 millions de barils. On pourrait dire bien des choses sur la qualité et les coûts d’exploitation de cette ressource. Mais dans l’immédiat, les marchés observent simplement que l’approvisionnement est adéquat.

Par ailleurs, les stocks pétroliers sont à la hausse, tant aux États-Unis que dans les pays de l’OCDE. Cette hausse des réserves est un signe que les approvisionnements sont adéquats et même légèrement excédentaires. Ceci contribuera à pousser le prix du pétrole vers le bas, affirme Berman. Le ministre saoudien du Pétrole a pour sa part déclaré en septembre qu’il s’attendait à devoir réduire sa production en 2019 pour faire face à la surproduction.

Le très réputé Art Berman est un analyste pétrolier indépendant de l’industrie. L’automne dernier, il a prédit à la stupéfaction générale que le cours du pétrole allait augmenter en 2018. Il basait sa prédiction sur le déclin des stocks, qui indiquait un approvisionnement insuffisant. Les faits lui ont donné raison, mais l’industrie semble avoir réagi en augmentant trop rapidement sa production – une situation fréquente dans l’industrie pétrolière.

Source :

Art Berman, Oil Markets Recover From Panic Attack but Prices Will Go Lower

 

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