Le manque de sable ralentit l’exploitation des schistes américains

La reprise des activités de fracturation hydraulique aux États-Unis se heurte à un obstacle inattendu : le manque de sable. Le directeur financier de la pétrolière Halliburton a même admis la semaine dernière que cette pénurie pourrait représenter des pertes de 10 cents par action au premier trimestre 2018 – soit une perte sèche de l’ordre de 87,5 millions de dollars en trois mois seulement pour son entreprise.

fracturation

La fracturation hydraulique exige un sable de qualité, à la fois rond et très dur. On l’injecte avec l’eau lorsque l’on fait éclater la roche-mère. Il s’infiltre dans les fissures ainsi créées pour éviter qu’elles ne se referment aussitôt. À l’échelle de l’industrie pétrolière américaine, les quantités de sable utilisées sont énormes : 34 millions de tonnes en 2012 et 61,5 millions en 2014. En 2018, la demande pourrait atteindre 100 millions de tonnes, à des prix pouvant atteindre 120 $ la tonne.

Le sable de fracturation est habituellement un sable fin, très rond (moins abrasif pour l’équipement de forage) et très dur, souvent issu de quartz. On utilise aussi des micro-billes de céramique ou d’aluminium, ainsi que des sables naturels enduits de polymères pour faciliter leur suspension dans le liquide de forage. Le forage d’un seul puits peut utiliser de 500 à 3000 tonnes de sable. La manipulation de tout ce sable peut provoquer des problèmes respiratoires, voire des silicoses chez les travailleurs pétroliers.

Une partie du sable utilisé provient du Wisconsin, ce qui est loin des sites de fracturation du Dakota et du Texas et qui complique le transport. On est d’ailleurs en train d’ouvrir une nouvelle carrière de sable adéquat au Texas. Mais dans le cas de Halliburton, le sable provient du Canada et sa livraison est ralentie par divers retard du côté des chemins de fer locaux.

Halliburton a tenu à rassurer ses actionnaires. Ces problèmes, insiste-t-on, ne sont que temporaires. Mais ils témoignent, au minimum, de l’énorme pression qui s’exerce sur les réserves mondiales de sable partout dans le monde. La consommation mondiale est de l’ordre de 50 milliards de tonnes par année et dans certains pays, le sable est devenu si rare et si précieux que des plages sont littéralement volées pendant la nuit!

Sources :

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