L’auto est morte, vive le… camion

Plus tôt cette semaine, Ford a annoncé qu’elle cesserait d’ici 2022 la production de tous ses modèles de voitures, sauf la Mustang. Les deux autres grands fabricants américains, General Motors et Fiat-Chrysler, ont déjà annoncé des décisions comparables. Mais ne vous réjouissez pas trop vite : si la voiture arrive en fin de vie, c’est que les consommateurs préfèrent désormais les camions légers, plus gros, plus lourds et plus énergivores.

L’annonce de Ford s’inscrit dans un programme de coupures de 25,5 milliards de dollars annoncé le 25 avril. Au terme de ces changements, en 2022, Ford n’offrira plus aucune voiture à ses clients, à part la Mustang, une luxueuse voiture sport. Elle ne proposera plus que des camions légers, une catégorie qui, aux États-Unis, recouvre des véhicules de styles aussi variés que les camionnettes, les fourgonnettes, les véhicules utilitaires sport (VUS) et les multisegments (VUS plus compacts).

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Les ventes de voitures déclinent depuis 2015 aux États-Unis. Mais les derniers mois ont carrément tourné au cauchemar. En 2017, les ventes de camions ont augmenté de 4,3 % tandis que celles des voitures plongeaient de 11 %. Durant les trois premiers mois de 2018, les ventes de camions ont bondi de 10 %, tandis que celles des voitures diminuaient de 11 %. En tout, les camions ont représenté 66,4 % des ventes de véhicules en mars.

Ford n’est pas la seule à prendre note de la mort de la voiture. En juillet dernier, GM a annoncé que six modèles de voitures disparaîtraient après 2020, y compris la Chevrolet Volt, une voiture hybride (la Bolt 100 % électrique demeure sur le marché pour le moment). Fiat Chrysler a annoncé la fin de trois voitures et aucune de celles qui restent n’est produite aux États-Unis. Toyota aussi annoncé la fin de la marque Scion.

Si ces décisions paraissent justifiées à court terme, on peut se demander ce que deviendra l’industrie automobile américaine si le prix du pétrole se remet à augmenter. On pourrait assister à une répétition du scénario des années 1970, lorsque les petites voitures étrangères économes ont connu un rapide succès dans le marché américain, provoquant la panique à Détroit. Mais d’ici là, les États-Unis auront fortement accru leur dépendance au pétrole.

Et les voitures électriques, dans tout cela? Ils suivent la tendance. Le modèle X de Tesla, par exemple, est un VUS. Et s’il voit le jour, le modèle Y, un multisegment, arrivera dans un marché déjà saturé par une vingtaine de VUS et de multisegments électriques de marque variées.

 

Source :

Wolf Richter, Carmageddon for Cars: “Cars” Are Scheduled to Die

 

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