280 milliards $ de pertes pour le pétrole et le gaz de schiste depuis 2007

On le sait, l’industrie pétrolière américaine a globalement perdu de l’argent dans le secteur du pétrole et du gaz de schiste. Mais combien? Des données récemment compilées par le Wall Street Journal permettent d’estimer la perte totale à 280 milliards de dollars de 2007 à 2017. Le WSJ rapporte aussi que douze grands investisseurs excédés par ces faibles rendements se sont réunis en décembre dernier pour faire pression sur l’industrie.

Ce rappel à l’ordre survient dans un contexte où les pétrolières ont beaucoup investi pour augmenter leur productivité, construire de nouveaux pipelines et augmenter leurs exportations. La remontée modérée du prix du pétrole en 2017 ne semble pas avoir substantiellement changé la donne. Depuis 2007, les actions des producteurs pétroliers américains ont perdu 31 % de leur valeur, tandis que la valeur du marché boursier augmentait de 80 %, selon l’indice S&P 500.

Bonds Shale
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Valeur des émissions américaines d’obligations (dettes) pétrolières depuis 1995.

On peut se demander pourquoi le secteur financier continue d’investir dans un secteur qui perd continuellement de l’argent. L’une de raisons, c’est que de rares joueurs engrangent malgré tout de forts profits, comme Diamondback Energy, une petite firme active dans le bassin Permien, au Texas. Cela donne un motif d’espoir aux investisseurs. Une autre raison, c’est que les grands joueurs ont d’autres activités ou sont présents dans d’autres régions du monde : les bénéfices qu’ils y réalisent permettent d’éponger la perte découlant de leurs activités de fracturation hydraulique et de déclarer des profits.

 

Quoi qu’il en soit, l’endettement de l’industrie pétrolière s’aggrave. Les investisseurs souhaitent qu’elle se détourne de la recherche de gros volumes de production à tout prix et qu’elle mise plutôt sur plus de rentabilité. Les schistes produiront-ils un jour des bénéfices nets? Tout laisse croire que cette activité demeurera risquée. Un pensez-y-bien pour des pays, comme l’Algérie, qui songent à la fracturation pour relancer une activité pétrolière conventionnelle en déclin.

Sources :

Wall Street Tells Frackers to Stop Counting Barrels, Start Making Profits, https://www.wsj.com/articles/wall-streets-fracking-frenzy-runs-dry-as-profits-fail-to-materialize-1512577420

Rising Production And Higher Prices Don’t Resolve Shale Sector’s Woes, http://energyfuse.org/rising-production-higher-prices-dont-resolve-shale-sectors-woes/

3 réflexions sur “280 milliards $ de pertes pour le pétrole et le gaz de schiste depuis 2007”

  1. Je pense qu’il ne faut pas considérer que ces grands acteurs sont des philanthropes. Et qu’ils vont éponger les pertes d’un secteur avec les bénéfices d’un autre. Au contraire, sous la pression des actionnaires et du marché ils sabrent dans les activités les moins rentables.
    Il faut voir aussi l’évolution du marché. Au départ avec un baril très cher, cela a été la ruée. Des investisseurs-risque ont flairé la bonne affaire. Maintenant, avec la baisse du baril cela a décanté d’où les pertes sévères pour certains acteurs. Au final ne reste que les acteurs les plus solides, retranchés sur les zones offrant la meilleure rentabilité et qui eux gagnent de l’argent. Au contraire des « bras cassés » qui ont disparu en laissant une lourde ardoise aux investisseurs-risque. Mais ceux ci savent par définition que dans les « nouvelles technologies » on ne gagne pas à tout coup et tout de suite ! Et si ce pétrole n’était toujours pas rentable 10 ans après (une éternité pour le « marché ») la hache serait tombée.
    Maintenant , si l’Algérie veut se lancer, et si elle n’est pas idiote, elle profitera de l’expérience accumulée à grand frais en proposant un partenariat avec les entreprises les plus performantes du domaine. Car il faut voir que les techniques se sont considérablement améliorées au fil du temps en même temps que le prix de revient a baissé. S’ils ne le font pas c’est que pour le moment la rentabilité n’est pas assurée ou que les entreprises US sont trop gourmandes.

    Tout ceci n’est que la loi du « marché » qui se répète depuis des décennies dans tous les secteurs économiques. Par exemple, dans un autre document, vous parlez justement des difficultés financières bien réelles de Tesla justement sanctionnées par le « marché ». Mais le pétrole de schiste n’est pas UNE entreprise comme Tesla. Et il faut examiner CHAQUE entreprise. Agréger tout cela pour sortir un total n’a pas de sens. Ou alors il faut faire 2 catégories : les canards boiteux d’un coté (morts ?) et les performants de l’autre.

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    1. Assez d’accord dans l’ensemble, mais il n’est pas facile de séparer les canards boiteux des entreprises performantes. La chance joue pour beaucoup. Une entreprise performante dans un secteur peut se planter dans une autre. Et il y a toujours une possibilité qu’un canard boiteux trouve le prochain gros gisement. Ça brouille les cartes.

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      1. On ne peut donc pas dire que le pétrole de schiste est un gouffre financier dans son ensemble. Simplement que, comme toute nouvelle technologie qui se développe vite, il y a de la casse et aucune certitude. Mais que les gagnants font leur beurre. Maintenant une entreprise qui se plante dans un secteur s’en sépare très vite sinon les actionnaires ne suivent pas. Enfin si le pétrole de schiste n’était vraiment pas rentable il aurait été abandonné depuis un moment. Et avec le baril qui remonte la rentabilité des acteurs qui restent va augmenter. Ce qui va peut être suscité de nouvelles vocations ! Ainsi va l’investissement avec des hauts et des bas. Il « suffit » d’acheter en bas et de revendre en haut.

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