La Russie aurait passé son pic pétrolier en 2019

Un document de stratégie du ministère russe de l’Énergie reconnaît qu’il est peu probable que la Russie retrouve un jour son niveau de production pétrolière de 2019. Autrement dit, le pétrole russe aurait passé son pic. La reprise de la production s’annonce lente et partielle, avant de repartir à la baisse quelque part entre 2029 et 2035.

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En 2019, la production russe de pétrole a atteint un sommet de 560 millions de tonnes, soit 11,3 millions de barils par jour. En 2020, la Russie a accepté, de concert avec les autres pays de l’OPEP, de réduire sa production de 9 %, à 10,3 millions de barils, en réponse à la chute de la demande provoquée par la crise sanitaire.

La fin de la crise ne signifiera vraisemblablement pas le retour à la normale. Parmi les divers scénarios étudiés par le gouvernement russe, le plus optimiste mise sur lente augmentation de la production, jusqu’à 12,8 millions de barils en 2030. Ce nouveau record serait suivi d’un déclin, de l’aveu même des Russes. Mais le scénario jugé le plus probable estime que la production ne retrouvera jamais son niveau de 2019. Elle remontera lentement jusqu’à 11,1 millions de barils en 2029, avant de chuter jusqu’à 9,4 millions en 2035.

Les réserves russes sont importantes sur le papier, mais le ministère de l’Énergie estime qu’au niveau de prix actuel, le tiers seulement peut profitablement être exploitées. Même dans le scénario le plus favorable, les deux tiers seulement des réserves seront extraites au final.

Ce scénario aurait des conséquences importantes pour la Russie, dont le PIB repose à 40 % environ sur son secteur de l’extraction, dominé par le pétrole et le gaz. En plus de menacer ses exportations, il pourrait aussi, à long terme, réduire sa sécurité énergétique. On prévoit qu’en 2024, la production russe d’énergie renouvelable (hors hydroélectricité) n’atteindra que 1 % du total et ce, dans un contexte où la Russie songe de surcroît à réduire ses maigres investissements dans ce domaine.

Pour le moment, le gouvernement russe songe à réduire sa taxation afin de favoriser l’exploitation des gisements à rentabilité marginale, ceux de l’Arctique en particulier.

Source :

The Barents Observer, Russia may have passed peak oil output, 12 avril 2021.

2 réflexions sur “La Russie aurait passé son pic pétrolier en 2019”

  1. « On prévoit qu’en 2024, la production russe d’énergie renouvelable (hors hydroélectricité) n’atteindra que 1 % du total

    Renouvelable = éolien + solaire = électricité.

    En Russie comme partout, le transport se fait en quasi totalité avec du pétrole, pour des raisons bien connues de densité énergétique, de facilité de stockage et de transport et de rapidité de recharge.

    L’électricité est très loin d’être capable de prendre la relève, quel que soit le pays.

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    1. Un des objectifs de la Russie devrait être de réduire le rôle du pétrole (et surtout du gaz) dans la production électrique, pour consacrer les quantités restantes à des projets plus prioritaires. Les renouvelables ont un rôle important à jouer à cette fin. Par ailleurs, le pétrole va disparaître tôt ou tard et il faudra bien se résoudre à d’autres solutions, même imparfaites. La solution ne peut être qu’électrique, soit directement (batteries) ou indirectement (hydrogène, carburant de synthèse). Ou alors la traction animale, mais on entre alors dans un monde très différent.

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